Architecture naturelle et architecture symbolique au Néolithique. L’exemple des abris peints des gorges de la Nesque (Vaucluse, France)

Philippe HAMEAU

Resumen


RÉSUMÉ: L’expression schématique rupestre, pariétale ou mobilière du Néolithique dans le sud de la France est à placer, essentiellement, aux IVe et IIIe millénaires av.J.C. Pourtant, certaines peintures pourraient être plus anciennes et le décor céramique est de style schématique dès le Néolithique ancien. On décrit ici un groupe de dix abris ornés dans un contexte de gorges: leur topographie, leurs peintures et éventuellement leur mobilier archéologique. La diversité des teintes utilisées et des cas de superpositions de traits nous font supposer plusieurs phases graphiques et une complémentarité des sites. Malgré leur apparente disparité, ces abris répondent à des critères précis qui déterminent leur choix par les Néolithiques, notamment la présence d’un ruissellement périodique. A ce titre, plusieurs concrétions résultant des écoulements d’eau sont rehaussées de colorant rouge. Deux abris sont manifestement des sites de réclusion: la condamnation du couloir du premier, le perchement du second, isolent automatiquement leurs usagers du reste de la communauté. En outre, leurs particularités topographiques et pariétales en font des sites propices à des rites de passage. Par comparaison, les grands porches seraient plutôt des lieux de rassemblement. Toutes ces hypothèses traduisent une volonté de considérer les singularités naturelles des lieux (gorges, abris, parois) comme autant d’éléments symboliques participant à la constitution des sanctuaires au Néolithique.

RESUMEN: La expresión esquemática rupestre, parietal o mobiliaria del Neolítico en el sur de Francia, se tiene que integrar, principalmente, en los IV y III milenios a.C. A pesar de todo, algunas pinturas podrían ser más antiguas y la decoración cerámica es de estilo esquemático desde el Neolítico antiguo. Se describe aquí un grupo de diez abrigos pintados en un contexto de gargantas: su topografía, sus pinturas y eventualmente su mobiliario arqueológico. La diversidad de los colores utilizados y la existencia de superposiciones de trazos nos hacen suponer que existen varias fases gráficas y que los yacimientos son complementarios los unos de los otros. A pesar de su aparente disparidad, estos abrigos corresponden a criterios muy precisos que determinan su elección por los neolíticos, sobre todo un chorreo de agua periódico. Por esta razón, varias concreciones resultado de las salidas de agua están resaltadas con colorante rojo. Dos de los abrigos son evidentemente sitios de reclusión: el cerramiento del pasillo del primero, el colgamiento del segundo, aíslan automáticamente a sus usuarios del resto de la comunidad. Además, las particularidades topográficas y parietales de estos abrigos los convierten en lugares propicios a ritos de paso. En comparación, las grandes viseras serían más bien lugares de reunión. Todas estás hipótesis traducen la voluntad de tomar en consideración las singularidades naturales de los lugares (gargantas, abrigos, paredes) como tantos elementos simbólicos que participarían en la constitución de los santuarios en el Neolítico.


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